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Pièges, embrouilles, flou et manipulation

 

C’est une réalité honteuse mais bien connue : le monde de l’esthétique médicale est encore et toujours truffé de pièges. Les médias se sont délectés de nombreuses catastrophes ou arnaques, et il est bien difficile de leur donner tort sur le fond.

Qui en est à l’origine ?

On pourrait attribuer l’immense majorité des problèmes à deux catégories d’intervenants :

  • des médecins attirés par l’argent qu’on peut y gagner, pour une activité peu pénible.
  • des commerciaux : le plus souvent des personnes privées au nez fin et téméraires, sans la moindre compétence médicale. De l’économiste au 
    moniteur d’auto-école, en passant parfois même par des ex-médecins 
    qui ont renoncé totalement à l’exercice de leur métier et à toute inscription 
    à l’Ordre, ce qui leur permet de n’avoir plus de comptes à lui rendre. 
    A tous les coups, les interventions sont réalisées par des médecins qui travaillent sous leurs ordres et dont l’indépendance n’est que le statut social officiel, ce qui est évidemment très commode pour ces patrons le plus souvent absents. Cela existe en Belgique et en France, entre autres.

Les « cliniques » commerciales

De plus en plus nombreuses, elles sont a priori les plus séduisantes. Quoi de plus normal, dans la mesure où toutes les bonnes vieilles techniques de marketing sont appliquées, allant parfois jusqu’à la manipulation psychologique. Les locaux d’accueil sont souvent prestigieux, mais pas toujours les salles d’opération. Vous ne le saurez que trop tard…

Les noms des médecins sont rarement cités. Bien entendu, on vous parlera des « meilleurs spécialistes reconnus » etc. Rappelez-vous qu’à l’instar du papier, le Web se laisse écrire. Exigez le nom du médecin qui est sensé vous examiner et vous opérer, ainsi que son numéro d’Ordre belge des Médecins que vous pourrez vérifier ( www. ordomedic.be ).

A tous les coups, les sites internet sont clairement révélateurs. Il suffit de bien lire et regarder, et chacun comprendra qu’on veut le mener presque toujours à l’intervention la plus chère, à savoir la greffe de cheveux. Les thérapies médicamenteuses ne sont souvent citées qu’à titre d’alibi, et ne sont quasi jamais prônées sans greffes.

Les centres tenus par un médecin qui ne fait "que du cheveu"

Ces cabinets posent généralement moins de problèmes : on est le plus souvent examiné par le médecin lui-même, et pas une personne de bonne présentation qui n’est là que pour vous séduire et vous faire signer un devis opératoire à quasi tous les coups. En cas de problème ou de doute, vous aurez en face de vous un ratoire médecin qui devra faire face à ses responsabilités comme il se doit, et pas à un commercial qui se rangera derrière le Droit.

Attention cependant, en particulier dans les cas de médecins qui n’ont pas d’autre activité significative : on peut se demander pourquoi ils s’y consacrent exclusivement alors que, malgré tout ce qui s’écrit partout, ce domaine n’est pas très vaste ni fort spécialisé, sauf pour ceux qui font de la véritable recherche.

Une bonne formation de base, de l’expérience, une équipe solide et la tenue à jour des connaissances (congrès etc) suffisent amplement à bien s’occuper de chirurgie capillaire. Mettre en avant une telle exclusivité de pratique ne se justifie pas en termes de qualité du travail réalisé. Un médecin devenu totalement dépendant d’un seul domaine ne risque-t-il pas de vouloir opérer à tout prix ?ratoire

Attention cependant, en particulier dans les cas de mé

Une bonne formation de base, de l’

Il vous appartient dans tous les cas de vous faire votre opinion personnelle, 
et de ne pas hésiter à prendre plusieurs avis.

Pour vous aider, voici quelques exemples d’éléments suspects à repérer :

le site se termine par .com  : cela n’est pas un critère définitif d’exclusion, mais le choix de cette extension de domaine cache bien souvent une société commerciale, donc un non-médecin.

le site est très voyant, avec beaucoup de photos ou d’images animées  : pourquoi ne pas rendre un site joli et attrayant, en effet. Mais attention, il peut s’agir d’une volonté de vous distraire jusqu’à vous faire perdre votre sens critique.

le titre (en bleu) des pages  : quand on lit par exemple « Vous perdez vos cheveux ? Réagissez et faites le bon choix : la greffe de cheveux ! », difficile de nier que le message est clairement univoque et commercial.

« une nouvelle technique » … « révolutionnaire… » … « unique »… : cela fait déjà longtemps qu’on n’a plus rien inventé de décisif dans le domaine de la chirurgie capillaire ! Certes, l’imagination est au rendez-vous, avec l’emploi de nouveaux termes ou la recherche de petites variantes techniques (la FUE ou les micro-unités folliculaires, par exemple, tellement à la mode ces derniers temps). Il ne s’agit là parfois que d’éléments destinés à vous faire croire que vous avez affaire à un centre à la pointe du progrès, celui qui réalisera la meilleure intervention possible. Et comme toujours, en ne privilégiant surtout pas l’approche médicale, juste citée comme alibi (lorsqu’elle l’est).

« facilités de paiement »  : en général, des crédits. Chacun en pensera ce qu’il voudra. Mais il est tout de même piquant de constater que ce genre de proposition est absent de tout autre domaine de la médecine ou de la chirurgie non esthétiques ! Pourquoi pas, diront certains. Peut-être, mais on remarquera que ce crédit, qu’on peut souscrire directement auprès du centre et à des taux prohibitifs, est l’apanage quasi exclusif des centres commerciaux.
Notre conseil : soyez prudents, ne vous endettez pas pour une intervention esthétique. Ou au moins par votre banque habituelle. Mais, c’est entendu, il ne s’agit là que d’une opinion personnelle.

« plus de greffons en une seule séance »  : très courant aussi. L’intérêt est de faire souscrire à une intervention plus onéreuse, car beaucoup de candidats se contenteront de toute manière d’une seule intervention. Bien sûr, en théorie, au plus de cheveux seront transplantés au cours d’une séance, et meilleur sera le résultat. Mais en théorie seulement, car il faut encore éviter que les implants ne soient trop proches les uns des autres : l’apport sanguin et la cicatrisation risqueraient d’être de moindre qualité, ce qui aboutirait à un moins bonne reprise. Dans de telles conditions, pourquoi exagérer le nombre de greffons ?

Enfin, il ne faut pas oublier qu’une séance trop longue risque de provoquer des malaises : fatigue, hypotension, vertiges, gonflement, et même la survenue de douleur, car les produits anesthésiants ont une durée d’action limitée.

En toute chose, il faut savoir raison garder. L'auteur du site a déjà effectué de telles « méga-séances » dans des cas d’alopécie particulièrement étendue, mais c’est devenu plutôt rare. Il estime avec d’autres confrères qu’il vaut parfois mieux proposer d’emblée un traitement en plusieurs séances espacées de quelques mois. Une telle perspective peut déplaire dans un premier temps au patient concerné, mais c’est son propre intérêt final qui doit primer avant tout.

"des greffons tout petits "… "cheveu par cheveu, pour un aspect vraiment 
naturel"  : il n’y a heureusement presque plus personne qui greffe les cheveux par paquets de 20 ou 30. Mais l’aspect naturel ne commande pas nécessairement de couper les greffons au plus petit possible. L’implantation normale n’est en effet pas régulière : plusieurs cheveux partent parfois d’un même follicule et, de toute manière, l’écart entre eux n’est pas constant.

Loin de toute surenchère, la bonne pratique actuellement admise est d’implanter des greffons à 1-4 cheveux environ sur les zones postérieures, et d’un seul cheveu sur la ligne du front, la seule qui soit réellement visible. Vouloir couper les greffons à l’extrême conduit au risque d’en abîmer plus que nécessaire, même avec l’emploi du microscope à faible grossissement (20 à 40 fois environ).

"sans douleur"… "tout à fait indolore"  : non, désolé, le zéro bobo n’existe pas encore dans le domaine de la chirurgie capillaire. Bien entendu, la douleur est le plus souvent faible. Elle se produit lors de l’injection du produit anesthésiant. Par une bonne technique et de la patience, elle est de courte durée et largement supportable. Mais pas inexistante.

De telles affirmations sont donc complètement mensongères. Peut-on faire confiance à des menteurs, à l’heure où les médecins doivent informer objectivement les patients ? Voyez à ce sujet la loi sur les Droits du Patient, article 8 :www.health.fgov.be/EMDMI/fr/legislation/loi-droitsPatient.htm

"le médecin X participe à des congrès internationaux »… « il donne desconférences"…  "il est membre actif d’une Société"… : c’est bien le moins qui convienne à tout médecin qui veut suivre son sujet de près. Est-ce un gage de bonne pratique et d’éthique ? Aucunement. C’est un signe possible de qualité, mais pas le plus important. En cas de doute, il peut être utile de demander quelques renseignements à l’Ordre des Médecins, en précisant le numéro d’agréation : en cas de fausse affirmation, il sera à même de faire cesser tout agissement contraire à la déontologie médicale.

"possibilité d’une consultation en ligne"  : prudence. Vous allez envoyer sur le Web des données personnelles à caractère confidentielles, et le risque de piratage reste à ce jour important. De toute manière, aucun interrogatoire à distance, aucune photo ne remplaceront une véritable consultation : nous sommes dans un domaine dermatologique, et il tombe sous le sens qu’une telle médecine se pratique difficilement par téléphone ou Internet. Pour toutes ces raison, les consultations en ligne sont peu appréciées par l’Ordre des Médecins qui les déconseillent.

"envoyez-nous une photo, et nous vous enverrons l’image de ce à quoi vous ressemblerez après une greffe chez nous" : ce type de pratique séduisante, appelée morphing, est à l’extrême limite de l’honnêteté. Car quoiqu’il puisse affirmer, aucun médecin ne peut certifier à 100 % que vous obtiendrez tel ou tel résultat précis. Ceci est tout à fait normal et valable pour tous les actes médicaux car, jusqu’à nouvel ordre, la médecine reste un art et pas une science exacte.

De plus, toute personne qui possède un appareil photo numérique ou est un minimum compétent en informatique, sait comme il est aisé de transformer n’importe quelle photographie. Alors, quel crédit apporter au « résultat » affiché ? Cette remarque est d’ailleurs valable pour toutes les photos affichées sur un site.

Sur certaines animations du genre Flash, on remarque même que le sourire et l’assurance du monsieur vont en s’améliorant au fil de la repousse (?) de ses cheveux. Le message nous paraît clair : faites-vous greffer, et vous redeviendrez un homme heureux et sûr de lui.

"on peut vous mettre en relation avec des patients déjà traités"… "vous pouvez entrer pendant une opération pour voir comment ça se passe"  : 
il y a là, de toute évidence, rupture de la base même de la relation patient-médecin, à savoir le colloque singulier. Autrement dit et sauf circonstances particulières, une consultation ou un acte technique ne se pratique pas au vu et au su d’une personne inconnue du patient. 

D’ailleurs, cela va à l’encontre d’une notion fondamentale : le secret médical. 
Ce n’est pas seulement l’Ordre des Médecins qui est le garant de ce dernier. 
Le secret médical est d’ordre public, et celui qui le rompt est donc passible de sanctions pénales
Le droit est très clair sur ce point : un médecin, fut-ce avec l’accord explicite d’un patient, n’a pas le droit de rompre le secret médical si ce n’est pas indispensable au suivi de ce patient.

En ce qui concerne la visite d’un candidat en salle d’opération, il y a de quoi être inquiet : outre la violation du secret médical (« Tiens, mais c’est le frère de Machin, qui se fait opérer ! »), on commet l’imprudence d’introduire une personne non avertie dans une salle qui doit remplir certaines normes de stérilité. Il vous suffirait d’aborder le sujet avec un chirurgien de votre connaissance pour voir ce dernier froncer les sourcils ou crier à l’imprudence coupable.

On le voit, ces deux propositions si séduisantes sont malheureusement contraires aux lois et aux bonnes pratiques médico-chirurgicales. Il n’est donc pour le moins pas sérieux de les formuler.

Quelques questions à (vous) poser

Est-ce bien un médecin qui m’examinera ? Comment accepter qu’un non-médecin prenne la décision de réaliser une intervention chirurgicale ?

Me propose-t-on autant que possible un diagnostic précis et un traitement médical ?

Si une intervention m’est suggérée, me laisse-t-on un délai de réflexion d’au moins 15 jours AVANT de me proposer une date (et pas, comme ce qui se pratique souvent, fixer dès la première et unique consultation une date postérieure d’au moins 15 jours, pour paraître hypocritement laisser un délai de réflexion) ?

Le médecin m’informe-t-il, AVANT mon acceptation de l’intervention, de TOUS les risques possibles, conformément à la loi sur les Droits des Patients ? Le fait-il par écrit ? S’est-il assuré que j’ai bien compris ses explications ?

Si on m’opère, a-t-on prévu une prise de sang, ou joue-t-on à la roulette russe avec ma santé et celle du personnel soignant sous prétexte de ne pas m’ennuyer ou que la prise de sang coûte cher ? (c’est là une triste réalité de certains centres commerciaux des artères prestigieuses de nos grandes villes. En cas de problème, le directeur et les commerciaux rejetteront la faute sur le médecin, officiellement responsable, bien qu’ils lui refusent ces prises de sang !)

En médecine esthétique comme ailleurs, il y a obligation de moyens, mais pas de résultats, contrairement à ce que beaucoup de gens croient. Il n’empêche : en cas d’échec relatif d’une intervention, que propose le médecin pour tenter d’améliorer les résultats ? A quel coût ?

En cas de problème ou de question, puis-je joindre le médecin qui m’a opéré récemment en soirée, la nuit et le week-end ? Ou, au moins, un médecin remplaçant, compétent dans le domaine et sans frais ? Me donne-t-on un numéro de téléphone fiable et direct ? Il s’agit ici de la continuité de soins.

Il existe de bons cabinets de grandes villes où on pratique correctement la greffe de cheveux, qu'elle soit de type FUE ou FUT, tant en Belgique (Bruxelles, Liège, Namur...) qu'en France (Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux...), pour ne parler que des pays francophones d'Europe.

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